Maîtriser le slicer
Comprendre ce que fait chaque paramètre au lieu de subir les réglages par défaut
Le slicer est l'usine : il transforme un modèle 3D en instructions machine. Toutes les décisions de qualité, de vitesse et de solidité se prennent ici, avant même que l'imprimante ne chauffe. Ce palier consiste à ouvrir chaque panneau d'Elegoo Slicer et à savoir répondre à la question « qu'est-ce que ça change si je bouge ça ? »
La hauteur de couche
C'est le premier arbitrage qualité contre temps. Une couche fine lisse les surfaces courbes mais multiplie les heures d'impression, une couche épaisse imprime vite avec des strates visibles. Règle matérielle : la hauteur ne doit pas dépasser environ 80 % du diamètre de la buse (0,32 mm max avec une buse 0,4)
- 0,12 mm
- figurines, pièces vitrine, surfaces courbes très visibles
- 0,20 mm
- le standard : bon compromis pour 90 % des impressions
- 0,28 mm
- brouillons, pièces techniques cachées, prototypes rapides
Parois et couches pleines : la vraie solidité
Contre-intuitif mais fondamental : la solidité d'une pièce vient d'abord de ses parois (walls, périmètres), pas de son remplissage. Passer de 2 à 4 parois renforce beaucoup plus qu'augmenter l'infill de 15 à 50 %, pour moins de matière. Les couches pleines du dessus (top layers) et du dessous ferment la pièce : 4 à 5 en haut pour éviter le pillowing, 3 en bas
- 2 parois
- déco, objets sans contrainte mécanique
- 3 à 4 parois
- pièces fonctionnelles, fixations, supports d'objets
- 5 et plus
- pièces mécaniques sollicitées, avant de penser à l'infill
Le remplissage (infill)
L'infill soutient les couches du dessus et donne du volume, rarement de la vraie résistance. Le motif compte autant que la densité : le gyroïde est isotrope (résistant dans toutes les directions) et devenu le choix polyvalent, la grille (grid) est rapide mais crée des croisements bruyants, le nid d'abeille est joli mais lent
- 10 à 15 %
- déco, vases, figurines
- 20 à 30 %
- usage courant, pièces du quotidien
- 40 % et plus
- pièces mécaniques, inserts, zones filetées, rarement 100 %
Supports : n'en mettre que là où il faut
Tout surplomb au-delà de 45° environ a besoin d'être soutenu, tout pont (bridge) horizontal court peut se passer de support. Les supports arbre (tree/organic) touchent moins la pièce et s'arrachent mieux que les supports grille, surtout sur les formes organiques. Le vrai niveau au-dessus : peindre manuellement les zones à soutenir et les zones interdites au lieu de laisser le mode automatique arroser toute la pièce
L'orientation de la pièce
Une impression FDM est un empilement de strates : la pièce est solide dans le plan des couches et fragile entre les couches, comme le fil du bois. Orienter la pièce, c'est décider où passent les efforts, combien de supports seront nécessaires et quelle face sera belle. La plus grande surface plane va contre le plateau, les efforts mécaniques doivent traverser les couches le moins possible perpendiculairement
Adhésion et couture
La jupe (skirt) purge la buse avant l'impression, le brim ajoute une collerette d'adhérence pour les pièces à petite base ou hautes, le raft est un radeau complet devenu rare sur les machines modernes. La couture (seam) est la cicatrice verticale où chaque couche démarre : alignée sur une arête elle disparaît, aléatoire elle constelle la pièce de points
Reprendre 3 modèles déjà imprimés et les réimprimer soit 2 fois plus vite, soit 2 fois plus solides, en ne jouant que sur les réglages du slicer
Projet réussi = palier validé, on passe au suivant